1. Le questionnaire

À envoyer à chaque personne de l'équipe. On lui demande de décrire trois tâches qu'elle fait déjà. Pas des idées de cas d'usage : des tâches de son travail actuel.

Pour chaque tâche, six questions :

  1. La tâche, en une phrase.
  2. Qu'est-ce qui vous agace aujourd'hui dans cette tâche ? La partie pénible, répétitive, celle où on se trompe.
  3. Combien de temps elle vous prend, et à quelle fréquence ?
  4. Ce que vous avez en entrée. Les documents, les fichiers, les outils d'où part la tâche.
  5. Ce que vous voulez en sortie. À quoi ressemble le résultat quand il est bon.
  6. La sensibilité des données. Données publiques, internes, clients, personnelles.

Pourquoi des tâches et pas des idées : quand on demande d'imaginer des cas d'usage, on obtient surtout des « ce serait cool si on pouvait… ». C'est large, transversal, et ça ne touche personne en particulier. La tâche rébarbative refaite chaque semaine, elle, a déjà quelqu'un pour la porter : la personne qui l'a remontée.

2. À vérifier avec le sponsor ou la DSI, avant l'atelier

Le vrai piège de la préparation, c'est de découvrir en séance que l'équipe n'a pas ce qu'elle croyait avoir. Avant l'atelier, obtenez une réponse écrite à trois questions :

  • Quels outils sont réellement ouverts, pour qui, avec quelle licence.
  • Quels connecteurs sont autorisés : messagerie, espace documentaire, CRM, outils métier. Ceux qui existent, ceux qui sont activés, ceux qui ne le seront pas.
  • Existe-t-il une charte des données, et que dit-elle de ce qu'on peut confier à l'outil.

Sans ces réponses, la grille ci-dessous classe des tâches sur des hypothèses.

3. Lire les réponses

Dans quel ordre

La tâche en une phrase, puis l'irritant, puis le temps passé, puis l'entrée et la sortie. Le reste ensuite.

Les signaux d'alerte

Une réponse qui coche l'un de ces signaux ne se fait pas en atelier, ou pas telle quelle :

  • Des données très sensibles, sans charte des données claire.
  • Des connecteurs nécessaires qui n'existent pas, ou que la DSI n'autorise pas.
  • Un cas décrit de manière trop large, sans tâche précise derrière.
  • Un irritant faible, ou peu de temps passé. Le gain ne justifiera pas l'effort d'apprentissage.

Le bon signe

Un irritant très clair, sur une tâche qui prend du temps, et qui s'automatise avec des outils simples, sans beaucoup de connecteurs ni d'autorisations de la DSI.

4. Ce qu'on en fait : trois piles

Montable en atelier
Le bon signe, sans signal d'alerte.
Intermédiaire en attendant mieux
Le besoin est réel, mais la solution complète demande des accès ou un développement. On monte une version plus simple qui règle une partie du problème.
Chantier DSI
Connecteurs, autorisations ou données à arbitrer d'abord. Ça ne se règle pas en atelier, ça se remonte au sponsor.

La sortie n'est pas une liste, c'est une priorisation argumentée : ce qu'on fait en atelier, dans quel ordre, et pourquoi. Souvent, cela veut dire reformuler le problème à partir de l'irritant. La solution demandée est fréquemment plus grosse que le problème réel.

Quand la solution demandée est la bonne

Partir de l'irritant ne veut pas dire raboter tous les besoins. Quand une tâche traverse plusieurs services et qu'une version simplifiée ajouterait une saisie à une équipe déjà débordée, l'intermédiaire risque d'être abandonné au bout de quelques semaines. Dans ce cas, le bon classement est « chantier DSI », pas « intermédiaire ».

Ce que ce kit ne règle pas tout seul

Il trie les tâches. Il ne décide pas qui arbitre quand deux équipes veulent la même chose, qui porte un usage une fois l'atelier fini, ni comment on saura dans un mois que ça sert. C'est ce qui se joue avec l'équipe, sur ses vrais dossiers.

Le faire avec votre équipe : en parler en 30 minutes

Kit Empiric Lab, version 1, novembre 2026. Sous licence CC BY 4.0 : vous pouvez le copier, l'adapter et le partager, y compris dans votre organisation, en citant « Empiric Lab, empiric-lab.fr ».

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